Des statistiques qui font réfléchir...

Pour mieux illustrer l'état de la situation en ce qui a trait aux pratiques et habitudes de vie des jeunes, nous vous proposons de consulter les quelques statistiques suivantes publiées par trois organismes partenaires (1). Les chiffres parlent d'eux-mêmes...

Il est prouvé statistiquement que seulement 57% des jeunes de 12-13 ans sont actifs (pratique une ou des activités physiques trois fois par semaine ou plus) et que ce taux diminue jusqu’à 20% chez les adultes âgés entre 25 et 44 ans;
entre 1991 et 1996, le pourcentage d’élèves de 12 à 17 ans se situant au-dessus des normes d’une bonne condition physique (puissance aérobie maximale) a chuté de 50% à 37%;
entre 1987 et 1993, la proportion de jeunes de 15 à 19 ans aux prises avec un excès de poids est passée de 11% à 18%, une augmentation de 64%;
40% des enfants de 7 ans sont obèses; 70% des adolescents aux prises avec ce problème le resteront toute leur vie, ce qui occasionnera d’autres problèmes de santé (hypertension, hypercholestérolémie, problèmes respiratoires, orthopédiques, psychologiques et sociaux);
en seulement trois ans, le taux de fumeurs réguliers chez les 12 à 15 ans est passé de 12% à 16%, celui des buveurs réguliers d’alcool de 4% à 12%, de jeunes qui ne déjeunent pas de 11% à 18%;
une étude québécoise a démontré que l’éducation physique quotidienne en milieu scolaire permet aux élèves d’obtenir des résultats académiques égaux ou supérieurs à ceux des autres élèves et ce, en dépit d’une diminution du temps d’enseignement consacré aux autres matières de 4 heures 20 minutes.

(1) Les jeunes et l'activité physique. Situation préoccupante ou alarmante? Kino-Québec, Fédération des éducatrices et éducateurs physiques enseignants du Québec (FÉÉPEQ), Fédération québécoise du sport étudiant (FQSÉ).

L'Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie (ICRCP) publie aussi chaque année, dans son site Web, des données récentes en ce qui concerne l'activité physique des Canadiens en tenant compte de leur province d'origine. Les données qui suivent, extraites de leur site, s'inscrivent tout à fait dans la lignée des précédentes (2).

62% des Québécois, jeunes et adultes, ne font pas suffisamment d'activité physique pour en retirer les bienfaits optimaux sur le plan de la santé;
70% des jeunes Québécois de 5 à 17 ans ne font pas suffisamment d'activité physique pour obtenir une croissance et un développement optimaux;
au Canada, les enfants et les jeunes ont des niveaux d'activité physique comparables, sauf au Québec où ils ont plus tendance à être physiquement inactifs;
les parents québécois ont plus tendance que ceux des autres provinces à mentionner que leur enfant utilise des modes de transport complètement inactifs pour aller chaque jour à l'école et en revenir;
34% des parents québécois affirment que leur enfant préfère passer la majeure partie de son temps à faire de l'activité physique.

(2) Institut canadien de la recherche sur la condition physique et le mode de vie (ICRCP). Le Sondage indicateur de l'activité en 2000 au Québec.

Dans son édition du dimanche 18 novembre 2001, le quotidien La Presse publiait les résultats d'une enquête sociale menée au Québec en 1999 faisant ressortir certaines caractéristiques des jeunes Québécois de 9, 13 et 16 ans (3):

65% des enfants de 9 ans et 43% de ceux qui ont 16 ans (33,5% chez les filles de cet âge) s'estiment en excellente forme;
il y a bien une augmentation du surpoids et de l'obésité chez les filles et les garçons;
le quart des enfants de 9 ans et la moitié des jeunes de 16 ans présentent au moins un facteur de risque de maladie cardiovasculaire, qu'il s'agisse d'obésité, de tabagisme, d'inactivité physique, de tension artérielle élevée, d'habitudes alimentaires riches en lipides ou d'hérédité;
seulement 43% des garçons et 29% des filles de 13 ans font un exercice vigoureux chaque jour.

(3) Quotidien La Presse. Édition du dimanche 18 novembre 2001. Cahier C. Allard, Marie. En santé les jeunes Québécois? Page C1 et C2. Les jeunes Québécois décortiqués. Page C5.

Rappelons que l'essence même de notre démarche vise particulièrement à transmettre aux élèves, le plus efficacement possible, de saines habitudes de vie qu'ils pourront ensuite intégrer dans leur vie adulte. À ce titre, il est intéressant de noter qu'"au Canada, on évalue que l'influence de l'activité physique sur la diminution des frais de santé reliés aux maladies coronariennes seulement, permettrait d'économiser 41 M $ si on augmentait de 3% la pratique de l'activité physique [.] et de 137 M $ si cette hausse se situait à 10% (4)."

(4) Larouche, R. (1995). Un peuple moins sédentaire et en meilleure santé à travers l'éducation physique et la vie active. Document de support au mémoire présenté à la commission des États Généraux sur l'éducation au Québec. Sainte-Foy, Éditions l'Impulsion. Page 26.


Plus de temps... Est-ce possible?

Si le contexte actuel ne permet pas aux conseils d'établissement de décider d'une augmentation significative du temps accordé à l'enseignement de l'éducation physique dans leurs écoles, il semble bien que d'autres provinces ou pays aient pourtant réussi à le faire...

Le quotidien La Presse publiait en septembre 2001 les données qui suivent (5):

Au Québec, les jeunes de 6 à 16 ans ont un heure d'éducation physique en moyenne par semaine et même par cycle de huit jours;
cette moyenne est de 2,2 heures en Ontario;
de 2,6 heures en Colombie-Britannique;
de 2,5 heures en France;
de 3,25 heures au Japon.

(5) Quotidien La Presse. Édition du dimanche 30 septembre 2001. Cahier C. Lavigueur, Josée. Les enfants, ça bouge pas trop! Page C4.

Nous avons d'ailleurs reçu nous-mêmes des témoignages de gens oeuvrant à l'extérieur de la province, voire du pays, qui appuient ces chiffres...

En septembre 2001, Edna Tchicot, chef de service de l'EPS au ministère de l'Éducation nationale du Gabon (Afrique) nous écrivait:

"Notre syndicat (SNEEPS) s'est battu fort à faire obtenir 2 de coefficient en EPS aux examens et concours du M.E.N. (...) J'ai aussi la joie de vous annoncer que nous avons réussi à augmenter notre horaire de cours à 3 heures par classe par semaine et rendre l'EPS obligatoire à tous les niveaux, toute une réforme a été mise en place et récoltons les fruits doucement mais sûrement (...)."

Elle poursuit plus loin: "Au primaire, ils ont droit à 2 heures et demi très exactement par semaine, c'est-à-dire 30 minutes par jour, et en plus initiation sportive le mercredi après midi (l'initiation n'est pas obligatoire contrairement à l'EPS)."

Pour sa part, Jean Doyon (BEd, MSc, BSc), éducateur physique en Alberta, écrivait:

"Pas besoin d'aller si loin pour constater le fossé que le Québec est en train de creuser. Je suis un enseignant en éducation physique en Alberta. J'ai gradué au Québec mais ai dû "m'exporter" pour cause de manque d'emplois dans notre belle province... Ici (à mon école) les étudiants de l'élémentaire (1ère à 6ième année) ont tous droit à une période quotidienne d'éducation physique pour un total de 2.75 hres/sem. sans compter les activités extra-scolaires (...)."

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